L’ABC…DAIRE FORAIN EN 50 MOTS
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
A
ACCROCHER : dans le langage des dompteurs, se faire « accrocher » ou « crocheter » signifie se faire attaquer et blesser par un fauve.
C’est aussi retenir le client, et c’est dans ce sens qu’il est utilisé sur la fête.
Synonymes : agrafer, argougner.
B
BANQUE : vient de l’italien « banca » (banque) et désigne les forains. Longtemps, le mot a été synonyme de tréteaux et donc de théâtre forain. On distingue la grande banque (gros métiers) de la petite banque (petits métiers).
Un banquiste, mot provenant de « salta in banco » (sauter un banc) est une personne née sur le voyage, une personne qui appartient à la « Banque ».
BARAQUE : établissement forain. On qualifie de baraque, un stand de tir, une confiserie, un entresort, etc.
Synonymes : boutique, stand.
BARON : personne qui feint d’être un badaud comme un autre pour entraîner les autres : c’est elle qui entre la première dans la baraque, relève les défis, gagne ostensiblement à la loterie …
Synonymes : compère, comparse, comtois.
Remonte
BATELEUR : le mot vient de l’ancien français « baastel », (marionnette, instrument d’escamotage). A l’origine, le bateleur était un homme qui amusait le public, en plein vent, en exécutant des tours à l’aide d’un bâton ou d’une baguette. Il finit par abandonner le bâton pour des tours de force ou des bouffonneries, et devint l’associé du jongleur et du ménestrel, avant d’inaugurer la parade. Au début du vingtième siècle, à Paris, les Sattler et les Bouvier (jeux icariens) faisaient partie des troupes de bateleurs les plus connues de la place. Dans « Paris la fête », Claude Jacquin écrit à propos des bateleurs :
« Chaque quartier (…) a ses préférences pour tel ou tel genre de spectacle : Belleville aime les tours de force, Montmartre ceux d’adresse, Auteuil la grâce et la souplesse (…) »
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BOITE A RIRE : désigne une attraction destinée à amuser le public. Une attraction où tout se passe dans la joie et la bonne humeur sur un parcours semé d’« embûches », à l’intérieur comme à l’extérieur de la baraque, afin que le public puisse s’amuser des contorsions, parfois grotesques mais toujours drôles, de ceux qui effectuent le parcours…
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BONIMENT : mot issu de l’argot « bonnir », qui signifie en dire de bonnes, raconter des balivernes. Autrement dit, discours habile pour attirer, séduire et convaincre les pantres.
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BONISSEUR : le bonisseur, le vrai, celui qui a du « bagout », fait valoir, par la force du « verbe », le spectacle présenté à l’intérieur de la baraque. Il s’agit toujours du spectacle « le plus beau, le plus merveilleux, le plus sensationnel ». D’ailleurs, le bonisseur choisit les mots qui « portent » pour qu’à la fin de son boniment, le public entre à l’intérieur de la baraque.
Au temps du cinéma muet, à la fin du XIX ème et au début du XX ème siècles, les bonisseurs haranguaient le public devant les salles de cinéma forain, et commentaient les films pendant la projection.
Au temps des entresorts, à l’époque où il y en avait souvent trois ou quatre, voire même plus, sur un même champ de foire, époque aussi où les forains se faisaient une véritable contrecarre, le meilleur bonisseur remportait la mise, en drainant le plus de badauds à l’intérieur de sa baraque…
Jackson qui tenait une baraque de catch, déclarait : « le bonisseur, il faut l’avoir dans le sang ! ». Ce qui était son cas, mais aussi celui de Fernand Mazière, dit le « Grand Fernand » qui sévissait à Lyon au début du vingtième siècle. Le public venait l’entendre par plaisir, comme une gourmandise… « Le Grand Fernand n’amuse pas la foule, il la fait vibrer. Sa voix prenante arrête le passant le plus blasé et lorsque celui-ci s’est arrêté, il est charmé, fasciné par le réel talent de cet orateur du pavé, et c’est d’un geste instinctif, tout naturel, que le boniment terminé, les mains se tendent avides d’acheter » (Le Réveil Forain, décembre 1913).
Synonymes : bonimenteur, camelot, charlatan, arracheur de dents.
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BOUTS DE BOIS : ce sont toutes pièces de bois qui constituent l’ossature de la baraque.
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BOURREE : faire une « bourrée » signifie faire salle comble.
Synonymes : salle pleine, bondée.
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BRICOLER : bien travailler.
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C
CANARI : vient de l’espagnol « canario ». Du temps des Pezon et autres montreurs d’ours qui parcouraient les villes et villages de France avec leurs bêtes ou leur ménagerie, le mot « canari » désignait les ours bruns.
Synonyme : poilu.
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CARROUSEL : mot provenant de l’italien « carosello », petite guerre, en souvenir d’un jeu arabe importé par les Croisés espagnols et repris en France à la Cour de Charles VIII. En 1662, Louis XIV fait organiser le « Grand Carrousel » à l’emplacement qui a gardé son nom à Paris. Il s’agit pour le cavalier, parmi d’autres exercices d’adresse, de décrocher un anneau avec la pointe de son épée. Un jeu qui a pris une forme plus innocente dans les manèges enfantins, sous le nom de « jeu de bagues ». Au fil du temps, le carrousel est devenu synonyme de manège de chevaux de bois, et en 1857, A. Chemin dépose un brevet pour l’invention d’un système permettant aux chevaux de bois un mouvement ascendant et descendant le long des barres torsadées : les « Sauteurs » étaient nés. En y adjoignant un mouvement d’avant en arrière naîtront les… « Galopants » !
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CASTELET : issu de l’anglais « castle » qui signifie château, castelet, et par extension : petite scène en miniature. Il s’agit du petit théâtre sur lequel évoluent des marionnettes.Au 18 ème siècle, Laurent Mourguet (le père de Guignol) organisait de petits spectacles forains avec les poupées de cire qu’il créait lui-même sur le castelet qu’il emmenait avec lui sur les fêtes et vogues de la région lyonnaise, avec la complicité d’un sacré bonisseur de l’époque, le père Thomas.
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CHAHUT : manège tournant, souvent appelé « Chahut Bahut » et installé sur un plancher circulaire en déclivité. La clientèle qui prend place sur les sujets est alors « chahutée » d’avant en arrière par les dénivellations et des changementsde vitesse (d’ou le nom du métier).
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CHENILLE : manège composé de wagonnets qui tournent à grande vitesse sur un rail en déclivité. Au Trône, on peut admirer le Royal Horse de Kiki Lapouméroulie, une « Chenille » de 1947, la « Rapid Troïka » de Bosetti (reconnaissable à ses deux immenses bosses, l’une devant la caisse, l’autre au fond), qu’il a entièrement rénovée et rebaptisée Royal Horse en raison des trois chevaux présents au fronton du kiosque.
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CHINE, CHINER : vendre à la chine, c’est aller proposer sa marchandise à domicile, en faisant du porte à porte. Il y a encore quelques années, l’hiver, lorsqu’il n’y avait pas de fêtes valables, de nombreux forains faisaient du porte à porte pour vendre des marchandises les plus variées (couvertures, draps, linge de maison, etc.).Synonyme : brocanter, travailler.
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CIRCASSIEN : personne qui vit, travaille au cirque, ou descend d’une lignée de gens de cirque.Synonyme : avoir de la sciure dans les veines
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CONTRECARRE : de l’ancien français « contrecarre » (opposition) signifie s’opposer à, gêner dans son action, se faire concurrence de manière plus ou moins loyale… Cette définition est donc bien celle qui convient à la contrecarre telle que les gens du voyage la connaissent. « Faire la contrecarre » signifie rivaliser entre forains pour attirer l’attention des pantres.
Autrefois, il était fréquent qu’un forain lance sa parade à grand renfort de musique au moment où le voisin achevait la sienne, afin d’attirer l’attention du public et l’entraîner chez lui. Mais, une fois la foire terminée, tout le monde se retrouvait pour boire une tasse de café sur la flèche des caravanes, en toute convivialité.Synonyme : se tirer la bourre.
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CONVOI : il s’agit des véhicules reliés les uns aux autres et remorqués par un même véhicule (camion ou tracteur routier). C’est le cas, par exemple, d’un semi remorque ou de deux remorques attelées à un camion que chaque forain conduit de ville en ville.« C’est moi qui m’occupe de mes convois, explique Corinne Campion dans L’Inter Forain de septembre 2003. Et, lorsque je suis au volant de mon camion, que je vois les gens se retourner sur mon passage et rêver à la lecture des mots barbe à papa, confiserie… inscrits sur la boutique, c’est fantastique. D’ailleurs, sortir en convoi de la Foire du Trône me donne toujours le frisson. C’est un grand bonheur ! ».
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COUP DE CASQUE : de l’argot « casquer », dans le jargon des gens du voyage, un coup de casque, c’est faire la quête auprès du public après le numéro présenté en palc. L’origine de cette locution est due aux lutteurs et acrobates qui faisaient « le tour de l’honorable société » en tenant un casque à la main pour recevoir les oboles du public après exécution de leur travail.
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D
DEROUILLER : vendre, la première vente de la journée en argot, et par extension, faire des affaires, bien travailler.
A l’inverse, « ne pas dérouiller », signifie ne pas travailler, attendre le public la « chandelle à la main », c’est-à-dire la baraque éclairée pour rien…
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DIVIO : serait dérivé du latin « divius » et pourrait exprimer une idée de divinité ou de lumière. Sur la fête, ce mot, qui n’a jamais été clairement défini, désignait, au début du vingtième siècle, des « pseudo-sauvages » (en général des membres de la troupe ou de la famille) qui, vêtus de peau de bêtes étaient présentés comme curiosité dans des entresorts avec des animaux sauvages, parfois même dans un aquarium ou un vivarium.
Synonyme : satou
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E
ENTRESORT : vient des mots « entrer » et « sortir ». Baraque dans laquelle on entre et on sort en permanence (après avoir payé son entrée). A l’intérieur : des phénomènes, des curiosités ou des attrape-nigauds. Parmi ces derniers, les plus connus sont l’homme chauve-souris, le trou du bas de la dame, la fillette élastique, l’homme serpent, la femme crocodile, ou bien encore « la traite des Blanches » présentée avec de superbes photos d’artistes féminines sur la façade de la baraque alors qu’à l’intérieur, le public découvrait deux chèvres blanches que deux personnes feignaient de traire !
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ESMERALDA : c’est la reine de la fête. L’élection de l’Esmeralda, « reine » de la Foire du Trône date de 1920. C’est au lendemain de la première Guerre mondiale que les forains parisiens décidèrent d’élire leur reine.
Dix-sept concurrentes en lice nous révèle L’Intermédiaire Forain de l’époque. Le jour de l’élection, les allées de la foire étaient parcourues par un long cortège de fanfares, clowns musicaux, chevaux empanachés et chars richement décorés, dont celui de La Goulue qui interpellait la foule en liesse. Le vote eut lieu au Grand Cirque Zanfretta. Un vote extrêmement serré, à l’issue duquel Yvonne Gillet (elle tenait une bonbonnière) fut élue 1 ère Reine du Trône, alors qu’Emma Havard (qui tenait un tir) et Jeanne Bouvier (qui tenait un théâtre) étaient élues « demoiselles d’honneur ». Depuis, l’élection de la « Reine » du Trône a lieu chaque année…
Synonyme : reine
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F
FANTOCHE : le mot est issu de l’italien « fantoccio » (poupée) –« fantoccini » au pluriel - qui désigne des marionnettes articulées, actionnées à l’aide de fils par une personne cachée dans les coulisses, en opposition aux « buratinni » ou
« pupazzi », ces marionnettistes ne possèdent qu’une tête et de petits bras animés par les doigts du marionnettiste.
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FOIRE : certains affirment que le mot provient du féminin latin « ferise » (le temps des fêtes) qui a donné « fair » en Angleterre, alors que d’autres prétendent qu’il faut en rechercher l’origine dans le mot latin « forum », marché, centre.
Leur origine et leur institution avaient surtout pour but de faciliter l’écoulement des produits qui, en raison de la difficulté des transports, ne trouvaient acheteurs qu’à certains moments de l’année et dans certaines villes où se trouvaient les acheteurs. Il y avait donc, à l’origine, très peu de baraques foraines, quelques phénomènes, lutteurs, et théâtres des merveilles, etc.
Les grandes foires ouvraient généralement les jours de fête, à la sortie de la messe (l’Allemagne a gardé le mot « messe » pour les désigner), et le commerce y était si présent et si florissant que la foire était une source de revenus non négligeable pour les seigneurs.
Il semblerait que la plus ancienne ait été établie à Troyes : Sidoine Appollinaire en parle en 427. Et en 629, Dagobert en créa une à Saint-Denis, en région parisienne, qui devint la foire du Lendit. L’édit portait « forum indictum », qui devint par altération l’andit, puis lendit…
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FORAIN : de « forum » (la place), est né « foris » (hors de), puis « foranus » (étranger), et forain, mot qui, en vieux français, désignait celui qui, extérieur à la cité, venait sur la place (marchand, bateleur, etc.).
Par extension, le mot forain a désigné un voyageur venu d’ailleurs. Il vient, s’installe provisoirement et repart…
A noter : en anglais, étranger se dit « foreigner ».
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G
GADJO : mot d’origine gitane qui désigne des sédentaires. Par extension, il est utilisé par les forains pour désigner celui qui ne fait pas partie du voyage, qui n’est pas de lignée foraine. Au pluriel, on parle de gadjés.
Synonymes : kadjo, paysan, gadgie (au féminin)
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J
JEUX ICARIENS : ils font partie des plus anciennes disciplines du palc et du cirque. Le principe : un porteur allongé sur le dos lance et reçoit ses partenaires avec les pieds. Il peut aussi faire tournoyer un voltigeur au bout de ses pieds. Les
« spécialistes » des jeux icariens appartiennent souvent à une même famille. Témoin, la famille Bouvier dont une carte postale ancienne immortalise la troupe alignée devant l’objectif avec le public en arrière plan.
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L
LOTEUR : désigne celui qui tient une loterie. La force du loteur, c’est sa capacité à faire le boniment pour attirer le public. Dans une boutique de jeux, les gens viennent d’eux-mêmes car vous leur offrez un service. Dans une loterie, il faut les faire venir, les attirer…
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M
MAILLOCHE : gros maillet de bois, et par extension, jeu qui consiste à mesurer sa force en frappant un socle métallique à l’aide d’une « mailloche ». La performance s’affichant alors sur la colonne lumineuse placée au-dessus du socle.
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MANEGE : de l’italien « maneggio », exercice que l’on fait faire à un cheval pour le dresser, ce mot désigne une attraction foraine qui doit son nom aux « manèges équestres ». Par extension, les carrousels de chevaux de bois sont devenus des manèges.
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MANIEUR DE FONTE : hommes forts travaillant en palc sur les places publiques, et levant des poids et haltères ou tordant des barres de fer. Parmi les « manieurs de fonte » les plus connus, citons : Grünn qui travailla beaucoup en région lyonnaise, mais aussi Charles Rigoulot, Miramar, etc.
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METIER : désigne le lieu de travail par opposition à la caravane. Un manège, un tournant ou une baraque sont des
« métiers ». Il en existe des grands et des petits.
Monter son métier signifie installer sa baraque, sa boutique, son tournant, etc, sur le champ de foire.
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N
NARVALO : ce mot, qui vient du langage tzigane, signifie fou, débile. On retrouve ce mot et bien d’autres sur l’album CD
« Les Sénégalaises » de Sanseverino.
Synonyme : narvalie (au féminin)
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NIGLO : petit hérisson (pluriel : nigli). Porte-bonheur chez les gens du Voyage. D’ailleurs, un parc de loisirs créé par des forains, les frères Patrice et Philippe Gélis, est baptisé Nigloland, en hommage à ce petit animal.
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P
PALC, PALQUE : quelle qu’en soit l’orthographe, ce mot, qui vient de l’italien « palco » (loge, estrade) désigne le travail en plein air, sur un tapis, à même le sol, sur la place publique.
Les « palqueurs » étaient des briseurs de chaînes, des funambules, des jongleurs, des acrobates, des lutteurs, des cracheurs de feu, des manieurs de fonte, etc.
Synonyme : en placarde.
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PANTRE, PANTE : badaud, gogo. Personne qui n’est pas du voyage et plus particulièrement les badauds crédules qui
« gobent » le boniment du bonisseur.
Précisons aussi que ces deux mots viendraient des formes abrégées de Pantinois et Pantruchois qui,en argot, désignait les bourgeois de Pantin et de Pantruche (Paris).
Synonymes : pantraille, flanelle.
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PARADE : avant la représentation, « faire parade », c’est présenter le spectacle, de façon burlesque, sur une estrade placée en façade de la baraque, pour attirer les badauds.
Par extension, la parade a lieu sur de nombreux métiers forains, y compris sur certaines loteries. Chacun se souvient de la « parade des Musicaux » de Julot Vancraeyenest, ou de celle de Jackson, installée à la foire du Trône. « Nous avions une baraque avec une façade sur laquelle Jackson, entouré de ses catcheurs faisait la parade en demandant au public si quelqu’un voulait venir se mesurer à eux, se souvient Charles Deck, doyen des forains du Trône. Ensuite, la représentation durait un quart d’heure, vingt minutes. Dès qu’elle était terminée, la parade pouvait recommencer… ». C’est ainsi que les jours d’affluence, ils pouvaient enchaîner une bonne dizaine de représentations…
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PHENOMENE : du grec « phainomenon » (ce qui apparaît), le mot désigne des curiosités humaines ou animales, femme à barbe, homme lion, femme panthère, homme chien, homme tronc, homme à deux ou trois têtes, homme élastique… La liste de ces « merveilles de la nature » comme les appelait Philéas Barnum, un maître en la matière, et des « arnaques » en tout genre qui ont fait les beaux jours des entresorts, est longue et variée. L’imagination des forains étant parfois sans borne…
En 1914, l’impresario de Lionel, « l’homme lion », qui cherchait à le faire revenir sur les fêtes et foires de l’Hexagone alors qu’il achevait une grande tournée européenne, publiait le boniment dans les colonnes de « L’Intermédiaire Forain » :
« Lionel, l’homme-lion
Le favori des dames et des enfants mi-homme, mi-lion
Vivant ! Vivant ! Vivant !
Nouveau pour la France !
La plus grande attraction qui n’a jamais vu le jour
Le plus formidable succès dans n’importe quelle ville d’Europe ».
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POSTICHE : « faire la postiche », c’est haranguer le treppe et débiter son boniment avec une certaine exagération pour attirer le client.
Synonymes : boniment, plaisanterie
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R
RABOUIN : ce mot désigne un petit cirque ou baraque de peu d’importance, mais aussi un manouche ou un saltimbanque. Au féminin, on parle de rabouine.
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S
SALTIMBANQUE : de l’italien « saltimbanca » (qui saute sur un banc, ou qui saute sur le tremplin), ce mot désigne le bateleur qui exerce son métier sur les planches ou sur une estrade. Par extension, ce mot désigne tous les « artistes » voyageurs qui se produisent sur la fête.
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SCHMIDT : dans l’argot forain, un « schmidt » est un gendarme. Ce mot d’origine allemande ou du patois mosellan, très utilisé dans le Nord et l’Est de la France, s’est propagé dans toute la France.
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T
TOURNANT : manège qui tourne sur un axe central.
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TREPE, TREPPE : dans l’argot de la banque, il s’agit du public, de l’ensemble des badauds, des personnes qui regardent bouche bée la parade. Il y a du « trèpe » signifie qu’il y a du monde et une belle ambiance. Le bon trèpe, c’est la foule, la clientèle qui se laisse convaincre facilement.
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V
VILLE MORTE : monter en ville morte, c’est s’installer dans une ville en dehors des périodes de fêtes ou de foire.
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VOYAGE, VOYAGEUR : personne qui se déplace, qui mène une vie itinérante. Les forains et les gens de cirque sont du
« Voyage ». On les appelle aussi les « Voyageurs » par opposition aux sédentaires.
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VERDINE : habitation foraine immortalisée par Vincent Van Gogh sur une toile peinte en Camargue (où il existe aujourd’hui un musée de la verdine). De couleur verte laisse à penser qu’autrefois, toutes les verdines étaient traditionnellement peintes en vert pour se confondre dans la nature
Synonymes : caravane, maringotte.
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