DE LA FOIRE AU PAIN D’EPICE
                                                            A… LA FOIRE DU TRÔNE

Depuis l’an 957, excepté les années de guerre, Paris fait la fête au printemps. Cela grâce à la Foire au Pain d’Epices, devenue Foire du Trône … Tout a été écrit ou presque sur la doyenne de nos fêtes foraines même si quelques anecdotes glanées au fil des années restent méconnues…

♦ 1889
Une ville dans la ville.
Sur le Cours de Vincennes, la « Grande Galerie des Actualités », très fréquentée, voisine avec le « Musée Dupuytrein », le « Grand Musée d’Anatomie», le « Théâtre-cirque Corvi » et bien d’autres attractions encore…
La place du Trône, avec sa triple rangée de baraques en tout genre accueille la plupart des manèges de chevaux de bois à un ou deux étages les balançoires, escarpolettes et marchands de faïence, de sucre d’orge ou de pain d’épices. Une ville dans la ville avec, selon la Ligue foraine, 1975 personnes (familles foraines  comprises) établies sur place pendant la durée de la foire !

1907
Retour raté pour Adrien Pezon.
Le « Nouvel Etablissement Zoologique » d’Adrien Pezon se dresse sur le Cours de Vincennes avec son imposante façade au contrôle orné de glaces qui, le soir, multipliaient les effets d’un intense éclairage électrique. Pour peupler ses cages, Adrien Pezon a fait appel à l’ex-dompteur Emmanuel (Emmanuel Goussé) qui se consacre désormais au commerce d’animaux.  Malgré ses problèmes de santé, Adrien Pezon qui est resté un certain temps éloigné de la ménagerie, a tenu a apparaître dans la cage avec un groupe de jeunes lions, mais le spectacle est loin d’être à la hauteur de ce qu’attend le public et les recettes s’en ressentent sérieusement…

1919
Le retour du « petit cochon ».
Alors que la France vote la loi sur les réparations des dommages de guerre, des forains fondent le… Comité pour la rénovation de la Foire aux pains d’épices, interdite depuis 1914 !
Nos gaillards mènent leur projet à bien, puisque l’édition 1919, inaugurée par une magistrale retraite aux flambeaux, marque la résurrection des divertissements avec des manèges de cochons roses, de chats blancs à rubans bleu, d’aéroplanes et de bicyclettes qui se remettent à tourner sur la place de la Nation, le Cours de Vincennes et les rues avoisinantes.
450 forains sont présents, avec manèges, carrousels, baraques de lutteurs, autodromes et balançoires. Sans oublier les confiseries avec leurs pains d’épices. Du pain d’épice sous toutes ses formes, truffé de pistaches et d’amandes, dont la vedette incontestable, en cette année d’après guerre, est le « petit cochon », symbole de la Foire, que certains portent à la boutonnière et d’autres suspendus à leur cou, et sur lequel les confiseurs tracent en sucre filé, le prénom de celui qui le porte, celui de la personne aimée, ou des phrases du style « cherche âme sœur »…

1930
Place aux enchères…
L’inauguration a lieu par une brillante retraite aux flambeaux conduite par M. Godefroy, président du Comité commercial, avec le concours de la Musique du 46ème d’Infanterie, et des fanfares de l’Avenir du XI ème et des Volontaires du XV ème arrondissements de Paris.
Malgré un ciel obscur et un vent frais, la foule se presse devant  les attractions qui s’alignent le long des trottoirs de la Place de la Nation à la Porte de Vincennes.
Plus de 600 baraques sont au rendez-vous, et le Conseil Municipal, conscient de l’intérêt de cette grande et belle foire parisienne vote une subvention de 10 000 francs pour aider à sa rénovation. Ce dont le Comité forain se félicite.
Sacré bouleversement pour les habitués de la foire : c’est la première année où le placement se fait aux enchères et non plus à l’ancienneté comme les années précédentes !

1932
« Mise en Boîte » pour 20 sous !
Parmi les métiers présents à la foire au pain d’épices, un Train fantôme aux images hallucinantes côtoie la Course d’Obstacle, un manège constitué de chevaux de bois montés sur rail et suivis de chiens. Le millésime 32, c’est aussi… un jeu d’adresse, le Gobylett’, la colossale Olga et ses 461 livres qui voisine avec Edouard du Nord qui, lui, ne pèse que 403 livres !
Un peu plus loin, chez Jouviano, un ours brun fait de la bicyclette.  Jouviano présente pour la « 1ère fois au monde » une lionne au milieu de ses tigres royaux, alors que les Abbins multiplient les exploits à moto avec leur Globe Infernal. Mais la grande nouveauté demeure incontestablement la… « Mise en Boîte ». Sur une plate-forme tournante, une série de logettes, comme au théâtre, où les amateurs vont s’asseoir, deux par deux, ou par trois. Ces loges ont un couvercle. Aussi, alors que le manège tourne à toute vitesse, les couvercles couvrent les logettes et les banquettes des-dites logettes, prises de frénésie, perdent leur centre de gravité… de sorte que les fervents d’émotions fortes en ont largement pour leurs 20 sous !

1949
Ambiance secousses assurée.
La nouveauté de l’année est le… « Looping 49 », un manège fabriqué à Lyon par Marius Lesoeur, qui débarque à la foire au pain d’épices et offre au public les sensations des acrobaties aériens. Les passagers sont introduits par deux dans une de cabine fermée et grillagée, sorte de « baratte » baptisée looping où les passagers sont furieusement malaxés comme du beurre. Têtes en bas et jambes en tous sens, ils commandent eux mêmes les acrobaties à l’aide de manettes électriques ! 

1952
Esmeralda dans la cage aux lions.
Le couronnement de la Reine – Solange Hermet - a lieu dans la cage aux lions du cirque Fanni. Mais, la lionne Sandra était tenue en respect par la talentueuse Sarah Carith en personne lorsque M. Genest, vice-président du Conseil municipal de Paris lui remis son écharpe d’Esméralda 52, ainsi que les écharpes de ses deux demoiselles d’honneurs, Yvette Le Nay et Jany Bertrand.

1953

imageimageMarffa-la-Corse en partance pour la Finlande.
Janine Paillet est élue Esméralda, reine des forains, mais la presse consacre de nombreux articles à Marffa la Corse, directrice de la ménagerie « La Jungle » qui, une fois la foire terminée s’embarque pour trois mois en Finlande avec son époux, le dompteur Georgio, et un soigneur. Pour la foire du Trône Marffa a mis au point un numéro de 3 tigres qu’elle présentera aussi aux finlandais. Trois tigres qui exécutent des passages dans un cerceau de papier, dans un tunnel, sur une échelle aérienne etc. En son absence, elle déclare à l’Inter Forain que sa fille Georgina et son gendre assureront la bonne marche de la ménagerie, avec les talentueux Jim Roose et Willy au programme. 

1964
Pelouse de Reuilly, An 1.
Certains s’en souviennent peut être… C’est sous une pluie battante qu’eut lieu, le 18 avril 1964, la… première inauguration officielle de la Foire du Trône sur la Pelouse de Reuilly.  Un nouveau site où les colonnes de la Nation avaient été remplacées par un mat métallique de 52 mètres, en haut duquel un projecteur de 1000 watts situait au loin la présence de la Foire du Trône déjà signalée, dès l’entrée, par un important motif lumineux constitué de deux énormes chevaux soutenant les Armes de la ville de Paris. Un nouveau site auquel participaient alors 240 forains

1974
Les Charlots, « rois » de la foire !
La loterie-parade du Dernier des Musicaux, chère à Julot Vancraeyenest accueille les Charlot en visite à la Foire où ils sont consacrés « Rois du Trône 1974 ». Quant à Claudine Moriceau, qui exploite un manège enfantin, elle est élue Esmeralda 74, Reine des forains. Le SNDF organise, en présence de Gérard Nicoud, une grande réunion d’information à la Foire du Trône, et adopte les statuts du Cid-Unati, alors que la pelouse de Reuilly, dix ans après son transfert, multiplie les initiatives, célébrant, par exemple, les Noces d’Or de M. et Mme Emile Alliot et de M. et Mme Marius Ciocca.

1982

imageimageJack Lang et Roger Hanin en visite.
Dans les allées, Robert Papin « drive » les équipes de télévision pour leurs reportages. Jack Lang, ministre de la Culture rend visite aux forains installés pelouse de Reuilly, accompagné du comédien Roger Hanin. On les retrouve notamment sur le Tagada où ils viennent saluer Tonton Remilly, avec Adrien Lapoumeyroulie... Jack Lang signe aussi le « Livre d'Or » de Jeannette Maitret. Un livre d'Or où toutes les personnalités croisées par l'infatigable animatrice de la Jeunesse foraine ont apposé leur signature…